Criticism/Theory Second Edition Softcover 401 pages 20 x 13 cm Texts in French   New       EUR 26 ORDER

Silvia Federici, Caliban et la sorcière: Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, Senonevero, 2017

Silvia Federici revi­site ce moment par­ti­cu­lier de l’his­toire qu’est la tran­si­tion entre le féo­da­lisme et le capi­ta­lisme, en y intro­dui­sant la pers­pec­tive par­ti­cu­lière de l’his­toire des femmes. Elle nous invite à réflé­chir aux rap­ports d’exploi­ta­tion et de domi­na­tion, à la lumière des bou­le­ver­se­ments intro­duits à l’issue du Moyen Âge. Un monde nou­veau nais­sait, pri­va­ti­sant les biens autre­fois col­lec­tifs, trans­for­mant les rap­ports de tra­vail et les rela­tions de genre. Ce nou­veau monde, où des mil­lions d’escla­ves ont posé les fon­da­tions du capi­ta­lisme moderne, est aussi le résul­tat d’un asser­vis­se­ment sys­té­ma­ti­que des femmes. Par la chasse aux sor­ciè­res et l’escla­vage, la tran­si­tion vers le capi­ta­lisme fai­sait de la moder­nité une affaire de dis­ci­pline. Discipline des corps fémi­nins dévo­lus à la repro­duc­tion, consu­més sur les bûchers comme autant de signaux ter­ri­fiants, tor­tu­rés pour lais­ser voir leur méca­ni­que intime, anéan­tis socia­le­ment. Discipline des corps d’escla­ves, servis à la machine sociale dans un for­mi­da­ble mou­ve­ment d’acca­pa­re­ment des res­sour­ces du Nouveau Monde pour la for­tune de l’ancien.

Le capi­ta­lisme contem­po­rain pré­sente des simi­li­tu­des avec son passé le plus vio­lent. Ce qu’on a décrit comme bar­ba­rie et dont aurait su triom­pher le siècle de la raison est cons­ti­tu­tif de ce mode de pro­duc­tion : l’escla­vage et l’anéan­tis­se­ment des femmes n’étaient pas des pro­ces­sus for­tuits, mais des néces­si­tés de l’accu­mu­la­tion de richesse. L’auteur nous invite à par­ta­ger son son regard d’his­to­rienne et de fémi­niste sur la situa­tion actuelle et sur ses méca­nis­mes.

Criticism/Theory First Edition Softcover 336 pages 21 x 14 cm Texts in French   New       EUR 22 ORDER

Bruno Astarian, L’Abolition de la valeur, Entremonde, 2017

Pour Marx, l’abo­li­tion de la valeur consiste en la sup­pres­sion de l’échange et son rem­pla­ce­ment par une économie pla­ni­fiée où les hommes tra­vaillent avec enthou­siasme à la satis­fac­tion de leurs besoins (le pre­mier d’entre eux étant le tra­vail lui-même). Et sa théo­rie de la valeur est tout impré­gnée de ce point de vue. L’objet de L’Abolition de la valeur est de revi­si­ter la théo­rie marxienne de la valeur en tenant compte des condi­tions actuel­les du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste – sans remet­tre en cause la tra­jec­toire d’ensem­ble du Capital. La dif­fé­rence essen­tielle avec l’époque de Marx est qu’il est devenu impos­si­ble d’envi­sa­ger le com­mu­nisme comme une économie d’« hommes libres » gérant leur tra­vail par une pla­ni­fi­ca­tion com­mune.
Notre époque permet de mettre au concret la théo­rie de la valeur en s’appuyant sur les carac­té­ris­ti­ques pra­ti­ques, et non pas abs­trai­tes, du tra­vail pro­duc­teur de mar­chan­di­ses. Cela a des consé­quen­ces déci­si­ves sur la façon d’envi­sa­ger l’abo­li­tion de la valeur et l’au-delà du capi­tal et du tra­vail. Car il faut main­te­nant com­men­cer à réflé­chir à ce que pour­rait être une société sans tra­vail – ce qui ne veut pas dire sans pro­duc­tion, mais sans usines, sans chro­no­mè­tres, sans souf­france.

Bruno Astarian s’inté­resse depuis qua­rante ans aux pro­blè­mes théo­ri­ques du com­mu­nisme, et a par­ti­cipé à la for­ma­tion du cou­rant dit de la « com­mu­ni­sa­tion ». Il a notam­ment publié Le Travail et son dépas­se­ment (Senonevero, 2001) et Luttes de clas­ses dans la Chine des réfor­mes (Acratie, 2009).

Manual Hardcover 176 pages 28 x 21 cm Texts in French / Italian   New       EUR 58 ORDER

Josef Müller-Brockmann, Systèmes de grille pour le design graphique, Entremonde, 2017

Dans les années 1920 sont posées en Europe les bases d’une typo­gra­phie objec­tive et fonc­tion­nelle pour la com­mu­­ni­­ca­­tion visuelle. Partout, les avant-gardes embras­­sent la moder­nité et bou­le­ver­sent tous les domai­nes de la créa­tion. Cette révo­lu­tion visuelle trouve un nou­veau souf­fle à l’issue de la Seconde Guerre mon­diale en Suisse dans le design gra­phi­que. Le projet de trans­for­ma­tion sociale des avant-gardes laisse place à une com­mu­ni­ca­tion publi­ci­taire qui hérite de la rigueur et de la sim­pli­cité de ses pré­cur­seurs. Les pra­ti­ciens du style suisse entre­pren­nent une véri­ta­ble croi­sade pour défen­dre ces prin­ci­pes. Ce livre en est la plus remar­qua­ble expres­sion.

Ce manuel publié pour la pre­mière fois en 1981 est devenu très rapi­de­ment incontour­na­ble. Il expli­que com­ment conce­voir des grilles de mise en page pour com­po­ser du texte et des images. Un cha­pi­tre est consa­cré à la grille dans l’espace tri­di­men­sion­nel. Son auteur offre ici aux desi­gners un ins­tru­ment qui répond faci­le­ment aux pro­blè­mes ren­contrés dans la concep­tion gra­phi­que.

Josef Müller-Brockmann (1914–1996) a été un des plus influents desi­gners gra­phi­ques du XXe siècle. Il a d’abord tra­vaillé en Suisse comme illus­tra­teur et concep­teur d’expo­si­tion avant de pra­ti­quer un design gra­phi­que infor­ma­tif et fonc­tion­nel. Il a été un des fon­da­teurs de la célè­bre revue tri­lin­gue Neue Grafik. Il a acquis une renom­mée mon­diale avec le Systèmes de grille qui est rapi­de­ment devenu un clas­si­que du style suisse.

First Edition Hardcover 272 pages 21 x 15 cm Texts in French   New       EUR 46 ORDER

Jan Tschichold, La Nouvelle Typographie, Entremonde, 2017

L’ouvrage emblé­ma­ti­que de Tschichold, La Nouvelle Typographie (1928) est un véri­ta­ble mani­­feste pour la moder­nité, ana­lo­gue dans son domaine au livre du Corbusier Vers une archi­­tec­­ture. Pre­nant la forme d’un manuel, l’auteur y fait table rase de la typo­gra­phie ancienne qui ne trouve grâce à ses yeux que dans son contexte his­to­ri­que, main­te­nant dépassé.
Pour conce­­voir son his­­toire de la typo­­gra­­phie, Tschichold s’est d’abord tourné vers l’art moderne. Pour lui, l’ancienne ère, cen­trée sur l’indi­­vi­du, a laissé place à une nou­velle époque, celle de la repro­­duc­­ti­­bi­­lité et de la dis­­so­­lu­­tion de l’art dans l’archi­­tec­­ture et autres formes direc­te­ment publi­ques. La vie ainsi bou­le­ver­sée, méca­ni­sée, urba­ni­sée, accé­lé­rée, le centre de gra­vité s’est déplacé vers le social et le col­lec­tif. Il s’agit d’en pren­dre acte.

Les idées et le lan­gage uti­li­sés sont carac­té­ris­ti­ques des textes moder­nis­tes de cette époque. Cette révo­lu­tion agit comme une lame de fond dans tous les domai­nes de la créa­tion, de la nou­velle archi­tec­ture au théâ­tre poli­ti­que de Bertolt Brecht, du mobi­lier tubu­laire au cinéma de Dziga Vertov et jusqu’à la lit­té­ra­ture. Les avant-gardes ; les futu­ris­tes, le mou­­ve­­ment Dada, le mou­­ve­­ment De Stijl, les cons­­truc­­ti­­vis­­tes russes, le Bauhaus des­si­nent une véri­ta­ble cons­tel­la­tion inter­na­tio­nale dont s’abreu­vent les nou­veaux typo­gra­phes autant qu’ils y appor­tent leurs contri­bu­tions.

Jan Tschichold (1902-74) a tra­vaillé comme typo­gra­phe et ensei­gnant en Allemagne, en Suisse et en Angleterre. Il fut inter­na­tio­na­le­ment connu en 1925 avec la publi­ca­tion de la Typographie Élémentaire et pour le renou­vel­le­ment de la ligne gra­phi­que de Penguin Books.

Essai traduit de l’allemand par Philippe et Françoise Buschinger. Introduction de Robin Kinross

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