Crise & Capital Softcover Texts in French   New       EUR 13 ORDER

Edward P. Thompson, Temps, discipline du travail et capitalisme industriel, La Fabrique, 2004

Au XVIIIe siècle, l’heure, jusque-là indiquée par la hauteur du soleil, le son des cloches ou le rythme des marées, devient un chiffre donné par les horloges. Paru pour la première fois en 1967, cet essai analyse l’évolution du rapport au temps dans le processus d’industrialisation des sociétés occidentales et montre en quoi il est un élément central du processus d’évolution capitaliste.

Dans une langue très accessible et parfois même fleurie, Thompson décrypte minutieusement les conditions de mise en place du travail  "moderne" qui, loin d’être le simple résultat d’une évolution "naturelle", sont issues de processus interdépendants. Avec la révolution industrielle, une nouvelle organisation de la journée de travail se met en place (spécialisation des tâches, organisation verticale, abandon progressif du travail à domicile…). La présence de l’horloge sur le lieu de travail comme dans le village et même à la maison est un symptôme – en même temps qu’un élément clé de cette dynamique – de la fonction du découpage temporel objectivé, et de sa maîtrise par les patrons, dans le type nouveau de production et de travail qui s’étend à cette époque. Le  "temps-horloge" va petit à petit s’imposer et remplacer le  "temps-nature" qui régentait jusqu’alors les journées des travailleurs.

La révolution industrielle est ainsi corrélative d’une nouvelle conception du temps dans laquelle celui-ci doit être maîtrisé, exploité. De l’organisation du travail à la planification des loisirs, de l’exploitation de l’espace à la conception du quotidien, ce sont toutes les structures de la société capitaliste moderne qui naissent des rouages du temps mesuré.

Répression Softcover 208 pages Texts in French   New       EUR 16 ORDER

Mathieu Rigouste, La domination policière. Une violence industrielle, La Fabrique, 2012

La violence policière n’a rien d’accidentel, elle est rationnellement produite et régulée par le dispositif étatique. La théorie et les pratiques de la police française sont profondément enracinées dans le système colonial : on verra dans ce livre qu’entre les brigades nord-africaines dans les bidonvilles de l’entre-deux-guerres et les brigades anti-criminalité (les BAC) dans les « cités » actuelles, une même mécanique se reproduit en se restructurant. Il s’agit toujours de maintenir l’ordre chez les colonisés de l’intérieur, de contenir les territoires du socio-apartheid. Le développement des armes « non létales » – Flash Ball, Taser… – propulse aussi une véritable industrie privée de la coercition.
Rigouste montre comment l’expansion du marché international de la violence encadre la diffusion des doctrines de la contre-insurrection et permet de les appliquer à l’intérieur des métropoles impériales.
Cette enquête, fondée sur l’observation des techniques et des pratiques d’encadrement et de ségrégation depuis ceux qui les subissent et les combattent, montre comment est assurée la domination policière des indésirables, des misérables et des insoumis en France.

Territoires Softcover Texts in French   New       EUR 13 out of stock

Laurent Cauwet, La domestication de l'art. Politique et mécénat, La Fabrique, 2017

Les poètes et les artistes sont comme tout le monde, ils doivent se nourrir et se loger, ils ont besoin d’argent. Mais la marchandisation générale a bouleversé la relation qu’ils avaient nouée avec le pouvoir politique et les mécènes depuis le temps des Médicis. La culture – le ministère de la Culture, mais pas seulement – est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur. « La prolétarisation des savoir-faire de l’art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l’autocensure et le formatage des œuvres commandées. » L’entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe – dès lors, on peut se demander « quelle peut être la place d’un artiste ou d’un poète, rémunéré par ce même État qui rémunère les policiers qui insultent, frappent, emprisonnent et tuent ? »

Le mécénat privé est l’autre face de l’entreprise culture : Vuitton (LVMH, Bernard Arnault) et son « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne, « cadeau aux Parisiens »; Benetton et son projet Imago Mundi, collection de petites œuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux ouvrières d’Asie, d’Afrique et d’Europe de l’Est qu’il exploite, ni aux indiens Mapuches de Patagonie qu’il chasse de leurs terres ; la fondation Cartier s’opposant à ce que Frank Smith lise un texte où il est question de Gaza (« On ne peut pas aborder un tel sujet à la fondation »), etc.

La culture, qu’elle soit une commande publique ou un investissement privé, est devenue une « entreprise » de pacification tout à fait profitable.

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