Criticism/Theory First Edition Paperback 250 pages Texts in French   New       EUR 20 ORDER

Andreas Malm, L'anthropocène contre l'histoire. Le réchauffement climatique à l'air du capital, La Fabrique, 2017

Du delta du Nil aux cercles polaires, le constat est effrayant : la Terre se réchauffe dans des proportions qui nous mènent aujourd’hui au seuil de la catastrophe. Le concept d’Anthropocène, s’il a le mérite de nommer le problème, peine à identifier les coupables et s’empêtre dans le récit millénaire d’une humanité pyromane. Or si l’on veut comprendre le réchauffement climatique, ce ne sont pas les archives de « l’espèce humaine » qu’il faut sonder mais celles de l’Empire britannique, pour commencer. On y apprend par exemple que dans les années 1830 la vapeur était, aux mains des capitalistes anglais, un outil redoutable pour discipliner la force de travail et une arme de guerre impérialiste ; on y suit la progression fulgurante de la machine mise au point par James Watt qui supplante en quelques années la force hydraulique – pourtant abondante et moins chère – dans l’industrie textile anglaise. En puisant dans les sources de l’histoire sociale, ce livre raconte l’avènement du « capital fossile », ou comment la combustion ininterrompue de charbon a permis de repousser les limites de l’exploitation et du profit.
Il faut couper la mèche qui brûle avant que l’étincelle n’atteigne la dynamite, écrivait Walter Benjamin dans un fragment célèbre, « Avertisseur d’incendie », où il insistait sur la nécessité d’en finir avec le capitalisme avant qu’il ne s’autodétruise et emporte tout avec lui. Pour Andreas Malm, on ne peut pas mieux dire l’urgence contemporaine de défaire l’économie fossile par des mesures révolutionnaires.

Criticism/Theory First Edition Paperback 160 pages 17 x 11 cm Texts in French   New       EUR 12 ORDER

Comité Invisible, Maintenant, La Fabrique, 2017

Maintenant est un texte d’intervention. Il peut se lire comme un chapitre supplémentaire d’À nos amis, commandé au Comité Invisible par une actualité écartelée entre attentats, rhétorique antiterroriste, mouvement contre la loi « travaille !», répression féroce, fin de la sociale-démocratie et rumeurs de « guerre civile ». Maintenant vient à la suite d’un mouvement qui a vérifié l’essentiel des conjectures du Comité Invisible – détestation sans appel de la police, expérience et lassitude des AG, centralité du blocage, retour du thème de la Commune, dépassement de l’opposition entre radicaux et citoyens, refus de se laisser gouverner, etc. -, et au début d’une année dont l’enjeu sera, pour le pouvoir, de faire rentrer dans le cadre délabré de la politique classique, au prétexte d’une campagne présidentielle, tout ce qui, d’ores et déjà, la déborde, lui échappe et ne veut plus entendre parler d’elle. Maintenant propose une bifurcation, esquisse un autre chemin que l’étouffoir prescrit, avance une autre hypothèse que celle des élections : celle de la destitution. Une hypothèse où il est question de prise sur le monde et non de prise de pouvoir, de nouvelles formes de vie et non de nouvelle constitution, de désertion et de silence plutôt que de proclamations et de fracas. Où il est question d’un communisme inouï, aussi – un communisme plus fort que la métropole.

Architecture, Criticism/Theory First Edition Paperback 144 pages Texts in French   New       EUR 18 ORDER

Eyal Weizman, À travers les murs. L'architecture de la nouvelle guerre urbaine, La Fabrique, 2008

Lors de la réoccupation des villes de Palestine au printemps 2002, l’armée israélienne a utilisé une tactique inédite : au lieu de progresser dans les rues tortueuses des vieux quartiers ou des camps de réfugiés, les soldats passaient de maison en maison, à travers murs et planchers, évitant ainsi de servir de cibles aux résistants palestiniens. Cette méthode, «conceptualisée » sous le nom de « géométrie inversée » par des généraux qui aiment à citer Debord, Deleuze et Guattari ou Derrida, représente un tournant postmoderne dans la guerre des villes. Les territoires occupés sont ainsi devenus un laboratoire spatial pour de nouvelles techniques d’attaque, d’occupation et de contrôle de populations, qui sont ensuite exportées aux frontières où se livre la guerre globale. Et inversement, la réflexion sur l’urbanisme est largement passée dans des centres de recherche où des militaires travaillent sur l’art de construire / détruire en s’appuyant sur de pseudo-concepts philosophiques.

Mais Eyal Weizman montre que ces idées nouvelles – substrat d’une querelle des Anciens et des Modernes dans l’armée israélienne – n’ont pas été étrangères au fiasco libanais de l’été 2006.

Criticism/Theory Softcover 320 pages Texts in French   New       EUR 22 ORDER

Marcello Tarì, Autonomie ! Italie, les années 1970, La Fabrique, 2011

Dans le numéro de mars 1973 de Rosso, le journal du groupe Gramsci de Milan, les ouvriers des ateliers Mirafiori (Fiat) à Turin racontent que « tout commence le jour où ils font une assemblée sans les bonzes du syndicat ». Les défilés dans les usines vont bientôt se faire avec de jeunes ouvriers à leur tête, le visage masqué par un foulard rouge, qui punissent les chefs, les gardiens, les jaunes et les indics, cassent les machines, sabotent les produits finis. C’est le début d’une période où le langage, les comportements politiques, les formes de vie même sont bouleversés par le mouvement autonome, du nord au sud de l’Italie.

Les relations entre l’Autonomie et les autres mouvements de l’extrême gauche italienne – de Potere Operaio à Lotta Continua, de Lotta Communista au Manifesto – sont expliquées dans la théorie et dans l’action. Comme les grands moments de l’Autonomie – un communisme « impur, qui réunit Marx et l’antipsychiatrie, la Commune de Paris et la contre-culture américaine, le dadaïsme et l’insurrectionnalisme, l’opéraïsme et le féminisme ».
Autonomie ne fut jamais, écrit Tarì, le nom d’une organisation : il faudrait toujours se référer aux autonomies, celles des ouvriers, des étudiants, des femmes, des homosexuels, des prisonniers, des enfants, « de quiconque aurait choisi la voie de la lutte contre le travail et contre l’État, de la sécession avec le fantasme de la société civile et de la subversion de la vie ensemble avec d’autres. » Et si le mouvement finit par succomber sous les forces conjuguées de la machine étatique et du Parti communiste, son histoire est celle d’une aventure révolutionnaire dont l’incandescence est plus que jamais actuelle.

Criticism/Theory First Edition Paperback 250 pages Texts in French   New       EUR 14 ORDER

Comité Invisible, À nos amis, La Fabrique, 2014

“À ceux pour qui la fin d’une civilisation n’est pas la fin du monde ;
À ceux qui voient l’insurrection comme une brèche, d’abord, dans le règne organisé de la bêtise, du mensonge et de la confusion ;
À ceux qui devinent, derrière l’épais brouillard de « la crise », un théâtre d’opérations, des manœuvres, des stratégies – et donc la possibilité d’une contre-attaque ;
À ceux qui portent des coups ;
À ceux qui guettent le moment propice ;
À ceux qui cherchent des complices ;
À ceux qui désertent ;
À ceux qui tiennent bon ;
À ceux qui s’organisent ;
À ceux qui veulent construire une force révolutionnaire, révolutionnaire parce que sensible ;
Cette modeste contribution à l’intelligence de ce temps.“

Les insurrections, finalement, sont venues. À un rythme tel et dans tant de pays, depuis 2008, que c’est tout l’édifice de ce monde qui semble, fragment suivant fragment, se désintégrer. Il y a dix ans, prédire un soulèvement vous exposait aux ricanements des assis; ce sont ceux qui annoncent le retour à l’ordre qui font à présent figure de bouffons. Rien de plus ferme, de plus assuré, nous disait-on, que la Tunisie de Ben Ali, la Turquie affairée d’Erdogan, la Suède sociale démocrate, la Syrie baasiste, le Québec sous tranquillisants ou le Brésil de la plage, des bolsa família et des unités de police pacificatrices. On a vu la suite. La stabilité est morte. En politique aussi, on y réfléchit à deux fois, désormais, avant de décerner un triple A.“

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