Anthology, Criticism/Theory, Essai, Social sciences Paperback 1856 pages 22 x 17 cm Texts in French         EUR 66 ORDER

Fernand Deligny, Oeuvres, L'arachnéen, 2017

Les Oeuvres de Fernand Deligny (1913-1996) reconstituent en 1856 pages des textes, images, fac-similés, les étapes d'une trajectoire qui conduisit cet éducateur sans diplômes de la lutte contre l'institution "Sauvegarde de l'enfance" à une approche expérimentale de l'autisme. L'ouvrage rassemble l'essentiel de son oeuvre, éditée et inédite: de Pavillon 3, ses premières nouvelles (1944), aux textes sur l'image des années 1980 et de l'évocation de sa dernière et monumentale tentative autobiographique L'Enfant de citadelle.

L’écriture fut pour Deligny une activité constante, existentielle, le laboratoire permanent de sa pratique d’éducateur. Ses premiers livres sont des pamphlets contre l’"encastrement" institutionnel et contre l’approche psychopédagogique qui anime la politique rééducative de l’après-guerre et dans laquelle il voit très tôt s’annoncer la "société de contrôle". À partir de la fin des années 1960, il engage une réflexion anthropologique contre la "domestication symbolique" et pour une définition de l’humain a-subjectif, spécifique, dépris de lui-même. Il accueille des enfants autistes dans les Cévennes et invente un dispositif : un réseau d’aires de séjour, des éducateurs non professionnels, un "coutumier" ritualisé à l’extrême, inspiré de l’agir et de l’immuable autistiques. Il invente une cartographie, les fameuses "lignes d’erre", se saisit du cinéma pour remettre en cause le point de vue hégémonique de "l’homme-que-nous-sommes".

Le volume – chronologique – s’accompagne d’une édition critique détaillée : les textes et films en images sont précédés d’introductions (Sandra Alvarez de Toledo) qui les replacent dans leur contexte historique et dans la biographie intellectuelle de Deligny ; chacune des cinq parties de l’ouvrage se conclut par un texte (Michel Chauvière, Annick Ohayon, Anne Querrien, Bertrand Ogilvie, Jean-François Chevrier) qui dégage les lignes de force de sa pensée au cours de ses tentatives successives.

Criticism/Theory, Literature 320 pages 17 x 12 cm Texts in French         EUR 28 ORDER

C.L.R James, Marins, renégats & autres parias, Ypsilon, 2015

L’histoire d’Herman Melville et le monde dans lequel nous vivons

Surnommé « le Platon noir de notre génération », C.L.R. James (1901-1989) a été l’un des principaux représentants de ce que l’on a appelé Black Marxism. En 1952, en plein maccarthysme, C.L.R. James est emprisonné à Ellis Island. C’est là qu’il débute la rédaction de Marins, renégats & autres parias. Son interprétation de Melville prolonge une lecture de Moby Dick qui opposait à la volonté totalitaire du capitaine Achab, le pluralisme démocratique représenté par le narrateur Ismaël. Mais si James reprend l’équation Achab = totalitarisme, il remet en cause sa contrepartie  Ismaël = démocratie…

« En affirmant qu’en 1851 la révolte des masses ouvrières et colonisées était impossible, James révèle à demi-mot qu’un siècle plus tard, en 1952, elle est bel et bien devenue possible. C’est l’unique moyen d’empêcher que le navire de la civilisation moderne sombre définitivement dans la barbarie comme le Pequod a sombré dans l’océan Pacifique. » — Matthieu Renault

« Le voyage du Pequod est le voyage de la civilisation moderne à la recherche de sa destinée. » — C.L.R. James

 

Criticism/Theory First Edition Softcover 240 pages Texts in English   New       EUR 27 ORDER

Coll., Vestoj #08 : On Authenticity, Vestoj Journal, 2017

"These are times of post-truth, alternative facts and truthiness: at times it seems we are becoming fluent in Newspeak. But even as we have come to adapt to a more flexible view of reality, integrity, sincerity, truthfulness and authenticity remain consecrated ideals of selfhood. ‘Keep it real.’ ‘Stay true to yourself.’ ‘Be yourself.’ These truisms and tautologies have grazed many a coffee cup, self-help book and T-shirt, and they are a standard trope in TED Talks. Though we may cringe when we hear them, many of us have come to accept those corny phrases as conventional wisdom. (...)
Curiously, as philosophers debate the collapse of authenticity in a postmodern world, in consumer capitalism it has taken on a supreme importance: in fashion it’s the holy grail. Terms like ‘artisanal,’ ‘heritage,’ ‘craftsmanship’ and ‘storytelling’ have become buzzwords, and conglomerates are fond of referring to their offices as ‘campus’ and co-workers as ‘family.’ The further away we feel from those values, the more important they become it seems. We speak of ‘real clothes’ as opposed to ‘fashion,’ and ‘real people’ as opposed to models."
Excerpt of the Editor's letter.

TEXTS BY Laura Albert, Elizabeth Hawes, Lucy Ives, Alice Hines, Anja Aronowsky Cronberg, Eric Wilson, Jacque Mercer, Philippa Snow, Charles Baudelaire, Rob Horning, Rosie Findlay, Johannes Reponen, Andrea Kollnitz, Andrew Potter, Efrat Tseëlon.
INTERVIEWS BY Anja Aronowsky Cronberg.
FICTION BY Guy de Maupassant, William Thackeray.
VISUALS BY Torbjørn Rødland, Ed Templeton, Timm Rautert, Hans Eijkelboom, Mimmo Paladino, Aneta Grzeszykowska, Simon Menner, Roshan Adhihetty, Eddy Bofferio, Weronika Gęsicka.

Criticism/Theory First Edition Softcover 336 pages 21 x 14 cm Texts in French   New       EUR 22 ORDER

Bruno Astarian, L’Abolition de la valeur, Entremonde, 2017

Pour Marx, l’abo­li­tion de la valeur consiste en la sup­pres­sion de l’échange et son rem­pla­ce­ment par une économie pla­ni­fiée où les hommes tra­vaillent avec enthou­siasme à la satis­fac­tion de leurs besoins (le pre­mier d’entre eux étant le tra­vail lui-même). Et sa théo­rie de la valeur est tout impré­gnée de ce point de vue. L’objet de L’Abolition de la valeur est de revi­si­ter la théo­rie marxienne de la valeur en tenant compte des condi­tions actuel­les du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste – sans remet­tre en cause la tra­jec­toire d’ensem­ble du Capital. La dif­fé­rence essen­tielle avec l’époque de Marx est qu’il est devenu impos­si­ble d’envi­sa­ger le com­mu­nisme comme une économie d’« hommes libres » gérant leur tra­vail par une pla­ni­fi­ca­tion com­mune.
Notre époque permet de mettre au concret la théo­rie de la valeur en s’appuyant sur les carac­té­ris­ti­ques pra­ti­ques, et non pas abs­trai­tes, du tra­vail pro­duc­teur de mar­chan­di­ses. Cela a des consé­quen­ces déci­si­ves sur la façon d’envi­sa­ger l’abo­li­tion de la valeur et l’au-delà du capi­tal et du tra­vail. Car il faut main­te­nant com­men­cer à réflé­chir à ce que pour­rait être une société sans tra­vail – ce qui ne veut pas dire sans pro­duc­tion, mais sans usines, sans chro­no­mè­tres, sans souf­france.

Bruno Astarian s’inté­resse depuis qua­rante ans aux pro­blè­mes théo­ri­ques du com­mu­nisme, et a par­ti­cipé à la for­ma­tion du cou­rant dit de la « com­mu­ni­sa­tion ». Il a notam­ment publié Le Travail et son dépas­se­ment (Senonevero, 2001) et Luttes de clas­ses dans la Chine des réfor­mes (Acratie, 2009).

Criticism/Theory First Edition Softcover 330 pages 22 x 15 cm Texts in French   New       EUR 26 ORDER

Branden W. Joseph, Random Order. Robert Rauschenberg et la néo-avant-garde, (SIC), 2012

Par ses célèbres White Paintings, Combines et Combine Paintings, sérigraphies ou performances, Robert Rauschenberg s'est imposé comme l'un des artistes américains majeurs de la seconde moitié du XXe siècle.
Ce livre propose d'examiner son œuvre des années 1950 et 1960 en la situant dans le contexte de la néo-avant-garde américaine, et en insistant notamment sur les relations que l'artiste a pu entretenir avec le compositeur expérimental John Cage. D'après Branden W. Joseph, leur rencontre au Black Mountain College en 1952 est à la base d'un nouveau projet d'avant-garde envisageant la notion de différence non plus en termes de négation mais bien de force positive. L'auteur se démarque ainsi des analyses inspirées par l'Ecole de Francfort – dominant jusqu'alors les débats relatifs à l'esthétique de l'avant-garde et de la néoavant-garde – pour se tourner du côté de Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Michel Foucault, Toni Negri et Michael Hardt ou encore Antonin Artaud et Michel Carrouges. Cette approche théorique inédite lui permet de montrer que le projet de Rauschenberg ne consista pas en une simple répétition des procédés à l'œuvre dans la première avant-garde mais en un ensemble de pratiques interrogeant la société d'après-guerre modelée par le spectacle, la marchandisation et le conformisme des masses.

Random Order – qui fit date lors de sa parution originale en 2003 – offre ainsi une analyse pénétrante des œuvres les plus marquantes de Rauschenberg, une redéfinition du paradigme de la néo-avant-garde autant qu'une réflexion sur la subjectivité postmoderne.

Criticism/Theory First Edition Softcover 532 pages Texts in French   New       EUR 48 ORDER

Éléonore Challine, Une histoire contrariée. Le musée de photographie en France (1839-1945), Éditions Macula, 2017

Depuis la divulgation du procédé en 1839 jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, nombre d’amateurs ou de professionnels militent pour la création d’un musée de photographie. On conserve la trace de multiples projets, d’ampleurs variées qui, s’ils n’ont pas abouti, sont les lieux de cristallisation des espoirs très vite associés à la photographie. L’histoire jusqu’alors mal connue de ces divers projets est traversée par une hésitation fondamentale, liée au statut ambivalent de l’image photographique : devait-on créer un musée des photographies, pensé selon le modèle d’un musée des copies et reproductions photographiques, ou un musée pour la photographie, son histoire, sa technique, son caractère artistique ?

Éléonore Challine retrace ce lent et délicat processus de légitimation du nouveau médium au sein de la sphère institutionnelle française. Cette histoire est animée par des personnalités singulières, toutes convaincues de la nécessité de préserver la photographie et de lui donner un lieu, tels Louis Cyrus Macaire, Léon Vidal, Louis Chéronnet, Raymond Lécuyer ou encore Gabriel Cromer, dont la fabuleuse collection partit pour les États-Unis en novembre 1939 sur l’un des derniers paquebots américains quittant la France, laissant le goût amer d’une perte irrémédiable. Une galerie de portraits de ces figures oubliées s’imposait pour redonner vie et épaisseur à ce milieu qui œuvre pour le musée, excédant le strict monde « photographique ».

Conçu sous la forme d’une vaste et minutieuse enquête, à la recherche d’archives et de traces écrites ou visuelles inédites de ces projets, cet ouvrage se déroule, tel un drame bourgeois, en cinq actes. Quatre actes pour en narrer l’histoire contrariée des années 1840 jusqu’aux années 1930, puis un dernier acte sur l’histoire contournée cette fois-ci, étudiant d’une part les formes éphémères du musée photographique que sont les expositions rétrospectives et, d’autre part, ses formes portatives comme le livre.

Née en 1983, agrégée d’histoire et ancienne élève de la rue d’Ulm, Éléonore Challine est maître de conférences en histoire de la photographie à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne. Une histoire contrariée. Le musée de photographie en France (1839-1945) est son premier livre.

Criticism/Theory First Edition Softcover 298 pages Texts in French   Normal used condition       EUR 16 ORDER

Coll., La pédagogie Freinet par ceux qui la pratiquent, François Maspero, 1975

Freinet : un instituteur, d'abord isolé
aujourd'hui un nom, formant un mythe.
Mais aussi, mais surtout,
un "mouvement" national et international qui,
dix ans après la mort de son fondateur, est bien vivant.
Des pédagogues, par milliers utilisent
des techniques et des outils,
toujours révolutionnaires, en créent de nouveaux,
les expérimentent,
donnent la paroles aux enfants
dans leurs écoles "différentes".

Criticism/Theory First Edition Softcover 346 pages Texts in English   New       EUR 55 ORDER

Douglas Crimp, On the Museum's Ruins, MIT Press, 1993

On the Museum's Ruins presents Douglas Crimp's criticism of contemporary art, its institutions, and its politics alongside photographic works by the artist Louise Lawler to create a collaborative project that is itself an example of postmodern practice at its most provocative. Crimp elaborates the new paradigm of postmodernism through analyses of art practices broadly conceived, not only the practices of artists—Robert Rauschenberg, Cindy Sherman, Marcel Broodthaers, Richard Serra, Sherrie Levine, and Robert Mapplethorpe—but those of critics and curators, of international exhibitions, and of new or refurbished museums such as the Staatsgalerie in Stuttgart and the Martin-Gropius-Bau in Berlin.

Criticism/Theory 185 pages Texts in French / English   New       EUR 18 ORDER

Coll., May #17, May Revue, 2017

Ce numéro revient sur l'histoire récente ou passée du Centre Pompidou, en publiant un long essai de Kim West qui évoque l'histoire du Centre Pompidou comme celle d'une expérimentation institutionnelle, qui s'inspira de modèles suédois du Kulturhuset et du Moderna Museet au début des années au début des années 1970 sous le titre annonciateur : "Coda : 'un centre vivant d'information' : la connexion de Paris ou de quoi Beaubourg fut la fin ?" À l'occasion de son 40ème anniversaire, il s'agit de voir comment le centre Pompidou a pu incarner un idéalisme cybernétique à cette époque, à travers lequel la visée de ces fondateurs étaient de rendre le musée plus accessible à tous et de le transformer en lieu de production ouvert.
(extrait de la préface)

Au sommaire du numéro 17 =>

KIM WEST : "Le complexe d’exposition. Exposition, appareil et médias, du Kulturhuset au Centre Pompidou, 1963-1977"
YANN CHATEIGNÉ : "1977"
RICHARD PARRY : "London, London"
LOTTE ARNDT : "Une image que l’on puisse habiter. Sur le film Enquête sur le/notre dehors de Alejandra Riera"
PETER FISCHLI : "The Hiking Trail Around the Airport"
 

Criticism/Theory First Edition Softcover Texts in French   New       EUR 16 ORDER

Librairie des femmes de Milan, Ne crois pas avoir de droits, Éditions la Tempête, 2017

La genèse de la liberté féminine à travers les idées et les aventures d’un groupe de femmes

« Il faut se trouver à l’origine de sa propre liberté pour en avoir une possession sûre, qui ne signifie pas une jouissance garantie mais la certitude de savoir la reproduire même dans des conditions moins favorables. Sexualiser l’ensemble des rapports sociaux jusqu’à leurs fondements a pour objectif de porter les femmes jusqu’à l’origine de leur liberté, avant les bouts de papier qui s’appellent lois ou constitutions, avant le mode sur lequel s’organise la production matérielle ou la recherche scientifique qui maintenant me donnent une bouteille de lait, puis une pilule, puis je ne sais quoi, avant les conventions sociales qui commandent aux hommes de respecter l’autre sexe. Avant, c’est-à-dire au niveau où la différence sexuelle reçoit sa première interprétation. 'La liberté, en effet, est le seul moyen pour arriver à la liberté'.»

Ne crois pas avoir de droits est le récit d'une expérience collective. L'expérience d'un groupe de femmes qui, dans les années 1970 en Italie, cherchèrent les ressources nécessaires à l'exercice de leur liberté, prenant le contre-pied d'une logique de victimisation qui leur conseillait avant tout de réclamer, légalement, les droits qui devaient permettre leur émancipation. Ce livre est l'histoire de leurs victoires comme de leurs échecs, pour que la liberté soit quelque chose de vécu plutôt que quelque chose de simplement formel. La Librairie des femmes propose un chemin singulier : investir la sphère symbolique, souvent délaissée, comme lieu où puiser afin de faire éclore une puissance féminine. Ce récit ne nous invite pas tant à suivre leur chemin qu'à nous inspirer de leur démarche, à prendre conscience de la force de toute politique qui part de soi.

Criticism/Theory First Edition Softcover 190 pages Texts in French   New       EUR 23 ORDER

Jean-Baptiste Vidalou, Être Forêts. Habiter des territoires en lutte, La Découverte, 2017

Depuis une dizaine d’années, que ce soit dans les bois de Sivens, à Notre-Dame-des-Landes, à Bure ou dans les Cévennes, il est évident qu’il se passe quelque chose du côté de la forêt. Certains ont commencé à habiter ces espaces, avec la détermination de sortir du monde mortifère de l’économie. Un tout autre rapport au monde s’y bâtit, à l’opposé de cette science militaire qu’est l’aménagement du territoire – ici contre un barrage, là contre un aéroport, ou une extraction de biomasse.
Ce n’est pas qu’une affaire locale : les paysans du Guerrero au Mexique se battent depuis plus de dix ans pour libérer leurs forêts des exploitants, les trappeurs du peuple cri du Canada défendent la forêt boréale de Broadback contre la déforestation, les Penan de Bornéo s’arment de sarbacanes contre les compagnies de plantation de palmiers à huile… Partout des luttes résonnent de cette même idée : la forêt n’est pas une réserve de biosphère ou un puits de carbone.
La forêt, c’est un peuple qui s’insurge. Nous sommes allés à la rencontre de ces forêts et de celles et ceux qui les défendent. Nous y avons découvert des continents innombrables, des sentiers inédits, des êtres ingouvernables. Toute une géographie depuis laquelle il était possible, enfin, de respirer.

Criticism/Theory Softcover 240 pages Texts in French   New       EUR 20 ORDER

Coll., lundimatin papier #01, 2017

Lundimatin est un journal en ligne qui paraît chaque lundi matin. C’est aussi une revue papier. Il s’agit dans ces pages de remonter à contre-courant le flux de l’actualité et de se dégager de la cadence des parutions hebdomadaires afin d’en extraire les articles les plus significatifs. Prendre à revers la logique d’empilement, d’écrasement et d’obsolescence quasi-immédiate de l’internet. Composer des archives pour éclaircir le présent.

Pour ce numéro, nous avons tenté de rassembler les thèmes, les angles et les signatures qui font la trame du journal en ligne. Certains s’étonneront de voir compilés dans le même ouvrage un entretien avec Adlène Hicheur, physicien condamné pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, un tract intitulé « plutôt pédés que français », la chronique d’un blockbuster, une utopie d’Alain Damasio ou encore des considérations sur la commune et le syndicalisme dans l’Espagne des années 30.

C’est pourtant le pari sous-jacent à cette menée qu’est lundimatin : agencer des éléments du réel, des paroles, des angles de vue fragmentaires, voire a priori réfractaires les uns aux autres, afin de produire une machine de vision, une certaine intelligibilité du présent. Soutenir les émeutiers de Bobigny, comprendre l’élection de Donald Trump, raconter le soulèvement syrien, détruire intellectuellement une VRP soralienne, autant d’éclairages et de partis pris qui ont jalonné l’année écoulée. Il en va de même des paris que nous lançons, à nos lecteurs, comme à nous-mêmes. S’il semblait logique d’appeler à l’annulation pure et simple de l’année 2017, il est tout aussi souhaitable d’imaginer que notre nouveau président démissionne sous deux ans. Si M. Macron fait la Une et le fond de ce numéro 1, c’est à la fois pour son insignifiance personnelle et pour la sorte de synthèse qu’il représente. Il incarne la désuétude d’une gouvernementalité à nue et la fuite en avant folle et furieuse des dispositifs de contrôle et d’asservissement. À l’implosion du champ de la politique classique coïncide le sacre de la plus débile et creuse des formes de vie : manager.

La fin d’un monde, en avançant.

Criticism/Theory First Edition Staple-bound 32 pages Texts in English / Deutsch   New       EUR 9 ORDER

Silvia Federici, Witch-Hunting, Past and Present, and the Fear of Power of Women, Hatje Cantz, 2012

Small booklet published on the occasion of documenta(13) in Kassel, in the collection 100 Notes – 100 Thoughts / 100 Notizen – 100 Gedanken, edited by Bettina Funcke.

Criticism/Theory Paperback 149 pages Texts in French   New       EUR 22 ORDER

Marc Augé, Non-Lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, SEUIL, 1992

Après La Traversée du Luxembourg, Un ethnologue dans le métro et Domaines et châteaux, Marc Augé poursuit son anthropologie du quotidien en explorant les non-lieux, ces espaces d’anonymat qui accueillent chaque jour des individus plus nombreux. Les non-lieux, ce sont aussi bien les installations nécessaires à la circulation accélérée des personnes et des biens (voies rapides, échangeurs, gare, aéroports) que les moyens de transport eux-mêmes (voitures trains, trains ou avions). Mais également les grandes chaînes hôtelières aux chambres interchangeables, les supermarchés ou encore, différemment, les camps de transit prolongé où sont parqués les réfugiés de la planète. Le non-lieu est donc tout le contraire d’une demeure, d’une résidence, d’un lieu au sens commun du terme. Seul, mais semblable aux autres, l’utilisateur du non-lieu entretient avec celui-ci une relation contractuelle symbolisée par le billet de train ou d’avion, la carte présentée au péage ou même au chariot poussé dans les travées d’une grande surface. Dans ces non-lieux, on ne conquiert son anonymat qu’en fournissant la preuve de son identité – passeport, carte de crédit, chèque ou tout autre permis qui en autorise l’accès.

Attentif à l’usage des mots, relisant les lieux décrits par Châteaubriand, Baudelaire ou les « passages » parisiens de Walter Benjamin, l’ethnologue remarque que l’on peut se croiser à un carrefour alors que l’échangeur interdit toute rencontre. Si le voyageur flâne en chemin ou s’égare sur une route de traverse, le passager qui prend le TGV ou l’avion est déterminé par sa destination. Aujourd’hui, les repères de l’identité et le statut de l’histoire changent en même temps que l’organisation de l’espace terrestre. Dans ce livre, Marc Augé ouvre de nouvelles perspectives en proposant une anthropologie de la surmodernité qui nous introduit à ce que pourrait être une ethnologie de la solitude.

Criticism/Theory Softcover 135 pages Texts in French   New       EUR 23 ORDER

Henri Lefebvre, Le droit à la ville, Economica, 2009

L'urbain manifeste aujourd'hui son énormité, déconcertante pour la réflexion, l'action et même l'imagination. Sens et fin de l'industrialisation, la société urbaine se forme en se cherchant et oblige à reconsidérer la philosophie, l'art et la science qui ne peuvent éviter la confrontation avec cet objet nouveau. Ce qui oblige à concevoir une stratégie de la connaissance, inséparable de la stratégie politique. Selon quel axe penser cette stratégie du savoir ? Vers l'entrée en pratique d'un droit : le droit à la ville, à la vie urbaine, condition d'un humanisme et d'une démocratie renouvelés. 

Criticism/Theory Softcover 96 pages Texts in French   New       EUR 19 ORDER

David Harvey, Le capitalisme contre le droit à la ville. Néoliberalisme, urbanisation, résistances, Éditions Amsterdam, 2011

Que peut bien vouloir dire « droit à la ville » ? Cette interrogation est indissociable d’une multitude d’autres questions. Quelle ville voulons-nous ? Quel genre de personnes voulons-nous être ? À quelles relations sociales aspirons-nous ? Quelle vie quotidienne trouvons-nous désirable ? Quelles valeurs esthétiques défendons-nous ? Quel rapport à la nature souhaitons-nous promouvoir ? Quelles technologies jugeons-nous appropriées ? Le droit à la ville ne se réduit ainsi pas à un droit d’accès individuel aux ressources incarnées par la ville : c’est un droit à nous changer nous-mêmes en changeant la ville de façon à la rendre plus conforme à nos désirs les plus fondamentaux. C’est aussi un droit plus collectif qu’individuel, puisque, pour changer la ville, il faut nécessairement exercer un pouvoir collectif sur les processus d’urbanisation. Il importe dans cette perspective de décrire et d’analyser la manière dont, au cours de l’histoire, nous avons été façonnés et refaçonnés par un processus d’urbanisation toujours plus effréné et étendu, animé par de puissantes forces sociales et ponctué de violentes phases de restructurations urbaines par « destruction créative », ainsi que par les résistances et les révoltes que ces restructurations suscitaient. On saisira alors toute l’actualité de la thèse d’Henri Lefebvre : le processus urbain étant essentiel à la survie du capitalisme, le droit à la ville, autrement dit le contrôle collectif de l’emploi des surplus dans les processus d’urbanisation, doit devenir l’un des principaux points de focalisation des luttes politiques et de la lutte des classes. (Cet essai est une version développée et enrichie d’un article publié dans La Revue Internationale des Livres et des Idées n° 9, janvier-février 2009.)

Criticism/Theory Softcover 18 pages Texts in French   New       EUR 18 ORDER

René Schoonbrodt, Essai sur la destruction des villes et des campagnes, Pierre Mardaga, 1987

L'opinion publique explique assez spontanément la destruction du patrimoine bâti des villes et des villages par l'incompétence et le manque de goût des architectes ou encore par le laxisme sinon la corruption des responsables politiques et des fonctionnaires. (...)

Ce livre est un essai de compréhension plus globale des mécanismes réels de la production actuelle de la ville, de la campagne, des villages. (...)

La thèse centrale de l'ouvrage est que les modes de planification ont pour conséquence, et peut-être pour but, de sortir la problématique de l'aménagement de l'espace du champ politique. Cette volonté de mettre 'hors conflit' ce qui touche à la vie quotidienne et l'avenir de millions de personnes a trouvé dans le fonctionnalisme une théorie suffisamment acceptable pour justifier les pratiques de séparation des groupes sociaux et de leurs activités. (...)

Reconstruire la ville, lieu de coexistence des différences, lieu de plaisir, lieu de liberté et lieu d'accès à l'égalité, exige de s'inspirer de la tradition architecturale et de l'art traditionnel de bâtir les villes.


(extrait du quatrième de couverture)
 

Criticism/Theory Softcover 368 pages 21 x 12 cm Texts in French   New       EUR 33 ORDER

Dan Georgakas, Marvin Surkin, Detroit : pas d'accord pour crever. Une révolution urbaine, Agone, 2015

Classique de l’histoire sociale et politique américaine, Detroit : pas d’accord pour crever revient sur les luttes que mena dans les années 1970, au sein des usines automobiles de « Murder City », la Ligue des travailleurs noirs révolutionnaires. Accordant une place de premier plan aux témoignages des acteurs de ce mouvement, il met crûment en lumière la réalité des conditions de travail à la chaîne, la corruption des appareils syndicaux, le racisme quotidien de la société américaine, mais aussi le développement à la base de luttes pour la justice sociale.

Si Detroit incarne aujourd’hui la faillite absolue du capitalisme industriel et l’abandon de toute une population par les élites politiques et économiques, les auteurs de ce livres invitent à considérer son histoire comme un modèle réduit de ce qui menace l’ensemble de la société américaine, voire des pays industrialisés – mais aussi un lieu où pourrait s’expérimenter une société plus juste et solidaire.

Criticism/Theory Softcover 45 pages Texts in French   New       EUR 5 ORDER

Collectif Mauvaise Troupe, Défendre la ZAD, L'éclat, 2016

À l’automne 2015, le gouvernement a annoncé que démarreraient au plus vite les travaux de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Il a martelé sa volonté d’expulser la zad de l’ensemble de ceux qui l’habitent et la cultive. Avec les efforts conjugués des tractopelles de Vinci et des grenades de la gendarmerie, il entend tenter, une fois encore, « dès que possible », de venir à bout de tout ce qui pousse et vit dans ce bocage.

C’est pourquoi nous avons voulu dès que possible faire paraître ce petit livre, éclaireur et annonciateur d’un livre à venir, pour appeler partout à défendre la zad et, à travers elle, tout l’espoir contagieux qu’elle contient dans une époque plombée.
La conviction qu’il est possible d’arrêter les projets destructeurs de ceux qui prétendent nous gouverner et de se libérer du joug de l’économie. L’aspiration à inventer ici et maintenant d’autres manières d’habiter le monde, pleines et partageuses. Cet espoir s’ancre dans une histoire commune, riche des élans de dizaines de milliers d’insoumis et de liens indéfectibles soudés par le temps. Cette brève nouvelle politique invoque quelques fragments décisifs de cette aventure, comme autant de conjurations face à la menace et de repères éclatants pour l’avenir.

Criticism/Theory Softcover 205 pages Texts in French   New       EUR 27 ORDER

Alana Apfel, Donner naissance. Doulas, sages-femmes & justice reproductive, Cambourakis, 2017

Prenant au mot la formule féministe « Le personnel est politique », des activistes, sages-femmes et doulas des États-Unis accompagnent les expériences de grossesse et d'accouchement en leur redonnant leur dimension politique. Alana Apfel, l'une de ces activistes de la naissance, a recueilli leurs histoires et témoignages. Elle propose dans ce livre une nouvelle manière créative de penser les trajectoires reproductives. Le livre s'ouvre sur une préface de Silvia Federici.

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