Territoires First Edition Softcover 348 pages Texts in French   New       EUR 24 ORDER

Andy Merrifield, Métromarxisme. Un conte marxiste de la ville, Entremonde, 2019

Métromarxisme s’atta­che à l’expé­rience de la ville, et plus pré­ci­sé­ment à la rela­tion tumul­tueuse qu’elle entre­tient avec la cri­ti­que socia­le : de Marx et Engels à David Harvey et Marshall Berman, en pas­sant par Walter Benjamin, Henri Lefebvre, Guy Debord ou Manuel Castells, c’est à une flâ­ne­rie ou une déam­bu­la­tion métro­po­li­tai­nes qui inter­ro­gent le capi­ta­lisme que nous convie l’ouvrage d’Andy Merrifield. Construit à partir de cha­pi­tres mono­gra­phi­ques et bio­gra­phi­ques évoquant cha­cune de ces figu­res, Métromarxisme est ainsi une intro­duc­tion à la cri­ti­que marxiste de l’urba­nis­me : arti­cu­lant une appro­che de la ville qui insiste sur sa cen­tra­lité quant au déve­lop­pe­ment du capi­ta­lisme à une autre qui la pense comme lieu par excel­lence des révo­lu­tions et mou­ve­ments sociaux, le livre pro­pose une tra­ver­sée de ce que la tra­di­tion marxienne a pu défen­dre comme concep­tion de la condi­tion urbaine. Un véri­ta­ble « conte marxiste de la ville », en quel­que sorte. De Manchester à Los Angeles, de Paris ou Berlin à New York et Londres, c’est bien d’un même phé­no­mène qu’il s’agit de rendre comp­te : celui de l’espace de la métro­pole comme champ de bataille oppo­sant les logi­ques de la domi­na­tion à celles de l’émancipation.

Andy Merrifield, né en 1960 à Liverpool, est, aux côtés de David Harvey ou de Mike Davis, un théo­ri­cien, essayiste et écrivain reconnu pour son appro­che marxiste des ques­tions d’urba­nisme et de géo­gra­phie. On lui doit notam­ment les mono­gra­phies de Guy Debord (Guy Debord, Reaktion Books, 2005) et d’Henri Lefebvre (Henri Lefebvre. A cri­ti­cal Introduction, Routlege, 2006) ainsi qu’un essai, L’Âne de Schubert, déjà tra­duit en fran­çais (Actes Sud, 2008).

Territoires Softcover Texts in French   New       EUR 26 ORDER

Sarah Schulman, La gentrification des esprits, B42, 2018

La Gentrification des esprits est un retour captivant sur la crise du sida et l’activisme d’ACT UP dans le New York des années 1980 et 1990. Sarah Schulman, elle-même new-yorkaise et militante de la cause LGBT, se souvient de la disparition du centre-ville, pratiquement du jour au lendemain, de la culture rebelle queer, des loyers à bas coût et du prolifique mouvement artistique qui se développait au coeur de Manhattan, remplacés par des porte-parole gays conservateurs, ainsi que par le consumérisme de masse. Elle décrit avec précision et engagement le « remplacement d’une communauté par une autre » et le processus de gentrification qui toucha ces quartiers concomitamment à la crise du sida. Sarah Schulman fait revivre pour nous le Lower East Side qu’elle a connu. Elle ravive autant le souvenir de ses ami•e•s de l’avant-garde queer que celui de l’ombre inquiétante des premières années de la crise du sida, telles que vécues par une militante. Les souvenirs personnels s’entremêlent à une analyse percutante des deux phénomènes, et du poids invisible qu’ils font aujourd’hui peser sur la société américaine. L’auteure rend compte de son expérience en tant que témoin de la « perte de l’imagination » de toute une génération, et des conséquences entraînées par cette perte.

Territoires Softcover Texts in French   New       EUR 17 ORDER

Laurent Cauwet, La domestication de l'art. Politique et mécénat, La Fabrique, 2017

Les poètes et les artistes sont comme tout le monde, ils doivent se nourrir et se loger, ils ont besoin d’argent. Mais la marchandisation générale a bouleversé la relation qu’ils avaient nouée avec le pouvoir politique et les mécènes depuis le temps des Médicis. La culture – le ministère de la Culture, mais pas seulement – est devenue une entreprise, explique Laurent Cauwet. Les poètes et les artistes sont ses employés, qui ont des comptes à rendre à leur employeur. « La prolétarisation des savoir-faire de l’art et de la pensée oblige à pratiquer avec plus ou moins de subtilité l’autocensure et le formatage des œuvres commandées. » L’entreprise culture, qui prône un humanisme universel, va exporter le bon art et la bonne parole dans les quartiers populaires pour éduquer la plèbe – dès lors, on peut se demander « quelle peut être la place d’un artiste ou d’un poète, rémunéré par ce même État qui rémunère les policiers qui insultent, frappent, emprisonnent et tuent ? »

Le mécénat privé est l’autre face de l’entreprise culture : Vuitton (LVMH, Bernard Arnault) et son « grand oiseau blanc » au bois de Boulogne, « cadeau aux Parisiens »; Benetton et son projet Imago Mundi, collection de petites œuvres commandées à des artistes du monde entier, mais pas aux ouvrières d’Asie, d’Afrique et d’Europe de l’Est qu’il exploite, ni aux indiens Mapuches de Patagonie qu’il chasse de leurs terres ; la fondation Cartier s’opposant à ce que Frank Smith lise un texte où il est question de Gaza (« On ne peut pas aborder un tel sujet à la fondation »), etc.

La culture, qu’elle soit une commande publique ou un investissement privé, est devenue une « entreprise » de pacification tout à fait profitable.

Crise & Capital, Territoires Softcover 96 pages Texts in French   New       EUR 19 ORDER

David Harvey, Le capitalisme contre le droit à la ville. Néoliberalisme, urbanisation, résistances, Éditions Amsterdam, 2011

Que peut bien vouloir dire « droit à la ville » ? Cette interrogation est indissociable d’une multitude d’autres questions. Quelle ville voulons-nous ? Quel genre de personnes voulons-nous être ? À quelles relations sociales aspirons-nous ? Quelle vie quotidienne trouvons-nous désirable ? Quelles valeurs esthétiques défendons-nous ? Quel rapport à la nature souhaitons-nous promouvoir ? Quelles technologies jugeons-nous appropriées ? Le droit à la ville ne se réduit ainsi pas à un droit d’accès individuel aux ressources incarnées par la ville : c’est un droit à nous changer nous-mêmes en changeant la ville de façon à la rendre plus conforme à nos désirs les plus fondamentaux. C’est aussi un droit plus collectif qu’individuel, puisque, pour changer la ville, il faut nécessairement exercer un pouvoir collectif sur les processus d’urbanisation. Il importe dans cette perspective de décrire et d’analyser la manière dont, au cours de l’histoire, nous avons été façonnés et refaçonnés par un processus d’urbanisation toujours plus effréné et étendu, animé par de puissantes forces sociales et ponctué de violentes phases de restructurations urbaines par « destruction créative », ainsi que par les résistances et les révoltes que ces restructurations suscitaient. On saisira alors toute l’actualité de la thèse d’Henri Lefebvre : le processus urbain étant essentiel à la survie du capitalisme, le droit à la ville, autrement dit le contrôle collectif de l’emploi des surplus dans les processus d’urbanisation, doit devenir l’un des principaux points de focalisation des luttes politiques et de la lutte des classes. (Cet essai est une version développée et enrichie d’un article publié dans La Revue Internationale des Livres et des Idées n° 9, janvier-février 2009.)

Territoires, Architecture First Edition Softcover 360 pages Texts in French   New       EUR 28 ORDER

Coll., Gentrifications, Éditions Amsterdam, 2016

Hipsters, bobos, yuppies, gentrifieurs… Les termes ne manquent pas pour qualifier les nouvelles populations qui s’approprient les quartiers centraux anciens de certaines métropoles au détriment des habitants populaires. Mais cette profusion empêche de comprendre le phénomène : comment dépasser les oppositions binaires entre gentrifieurs et gentrifiés ? Quels sont les moteurs, les logiques et les enjeux de la gentrification ? Est-elle vraiment inéluctable ?

Ancrée dans des contextes précis – historiques et géographiques, économiques et politiques –, elle s’incarne dans des bâtiments, des commerces, des groupes sociaux, des pratiques et des esthétiques propres aux lieux dans lesquels elle se déroule. Pour cette raison, elle est irréductible à une mécanique simple et identique d’une ville à l’autre, d’un quartier à l’autre. À travers l’exploration de la diversité des formes, des lieux et des acteurs de la gentrification dans une dizaine de villes européennes (parmi lesquelles Paris, Montreuil, Lyon, Grenoble, Roubaix, Barcelone, Lisbonne, Sheffield) cet ouvrage se propose donc de définir l’« ADN » de la gentrification : un rapport social d’appropriation de l’espace urbain, mettant aux prises des acteurs et des groupes inégalement dotés.

Avec des textes de Marie Chabrol, Anaïs Collet, Matthieu Giroud, Lydie Launay, Max Rousseau et Hovig Ter Minassian.

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