Criticism/Theory Softcover 126 pages 18 x 11 cm Texts in French   New       EUR 12 ORDER

Jean Giono, Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix, Éditions Héros-Limite, 2013

La Lettre aux paysans sur la pauvreté et la paix est écrite durant l’été 1938, entre le début juillet et la mi-août. Jean Giono la rédige dans une atmosphère de bouleversement. En pacifiste convaincu il sait que depuis l’Anschluss les Français se préparent de plus en plus à la guerre et sont prêts à la faire. Son intention n’en est que renforcée : « Continuer à combattre, écrit-il le 16 mars dans son journal, contre le militarisme et forcément commencer par lutter contre celui de ma patrie. » Or abattre la guerre, c’est abattre l’État, quel qu’il soit.

Le Giono des premiers écrits, le romancier décrivant un monde paysan accordé aux grands rythmes élémentaires, somme toute assez inoffensif, laisse place au penseur engagé, politiquement incorrect. La lutte que le « pacifiste-anarchiste » engage ici, aux côtés des paysans du monde entier, contre la guerre et contre l’État est une lutte perdue d’avance. La guerre et l’État, tant totalitaire que démocratique, passeront par là. Et pourtant en parlant aux paysans, Giono sait qu’il parle de choses humaines valables pour tous. Il sait que son message portera loin, et ce faisant qu’il saura à sa manière rendre compte de l’évidence : « tous les peuples du monde sont prisonniers ». Paysans et non-paysans partagent, malgré eux, la même communauté de destin. Celui d’un monde aux prises avec le culte de la vitesse, de la technique et du progrès, dont le propre est, petit à petit, d’éliminer le naturel au profit de l’artificiel. Un monde qui aujourd’hui voit plusieurs centaines de millions de paysans souffrir de la faim.

 

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